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Presentation HORS-SERIE : Le Junkers Ju-87 Stuka

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LE JUNKERS JU-87 STUKA

LE BOMBARDIER DE LEGENDE

Un Ju 87B allemand larguant ses bombes. Cet exemplaire, codé TD+AY était affecté à une unité d'entraînement, le Sturzkampffliegerschule 1.

 

Toute personne aujourd'hui ayant vu un reportage sur la Seconde Guerre mondiale, ou s'y intéressant a déjà entendu cette sirène stridente et terrifiante venue du ciel; a déjà entendu parler de la Blitzkrieg et de ces avions terrifiants ...

Mais comment ce bombardier en piqué est-il resté dans les mémoires et est devenu...

... un avion de légende.

 

 

GENÈSE :

 

Tout d'abord, il faut savoir que "Stuka" est une abréviation de "Sturzkampfflugzeug", où "Sturz" veut dire "chute", "Kampf" veut dire "combat", et "Flugzeug" veut dire "avion", le tout est traduit en français "bombardier en piqué".

 

Essayez pas de vous cacher, je sais qu'après avoir lu la décomposition vous avez quasiment tous essayé de re-prononcer le nom complet le mieux possible ! Bref ...

 

Le Stuka est un avion conçu par Junkers, développé à partir de 1930, au début du programme de réarmement illégal du 3 ème Reich. En effet, la Luftwaffe devait disposer d'un bombardier en piqué capable de surpasser tous ses adversaires.

Afficher l'image d'origine  logo Junkers durant la 2ème GM

Junkers Logo

logo de Junkers de nos jours.

 

 

CONCEPTION :

Le premier vol du Stuka s'est déroulé le 17 septembre 1935. Ce premier prototype disposait d'une double dérive (surface verticale qui assure la stabilité de route (axe de lacet) et le contrôle directionnel, dans l'axe, généralement à l'arrière du fuselage. Aussi appelé "Empennage vertical".). Cependant, cette double dérive a provoqué un crash, lors d'un test de bombardement en piqué. En effet, l'avion a eu des difficultés à se redresser. Suite à cet événement, il a été décidé de lui attribuer une dérive simple.

 

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Le Ju-87 souffrait cependant d'un gros manque de puissance. Motorisé par un moteur Junkers Jumo 210 de 610 cv, développant juste assez de puissance pour faire voler l'appareil correctement. De plus, il était équipé d'un train d'atterrissage, comportant un carénage assez large, réduisant encore plus la vitesse de l'avion, déjà peu élevée.

L'avion pouvait voler à une vitesse de 310 km/h, avec un plafond de 8000 mètres, avait une vitesse ascensionnelle de 210 mètres par minutes et avait un rayon d'action de 600 km.

 

Un système innovant de redressement automatique équipait également l'appareil, afin de le récupérer systématiquement après l'attaque en piqué. Ce système était précieux, car il permettait à l'avion de ne pas aller percuter le sol si le pilote devait perdre connaissance au moment de la ressource (apparition d'un voile noir). Du fait de sa faible vitesse et de sa vulnérabilité, l'appareil était aussi équipé d'un poste de mitrailleur arrière pour le protéger en cas d'attaque de chasseur.

 

Le premier Ju-87 A-1 quitta les chaînes d'assemblage au début de 1937. Au cours de l'été suivant, les A-2 étaient pourvus de pales d'hélice plus larges et d'un équipement radio modifié.

L'intervention de l'Allemagne dans la guerre civile espagnole, avec les chasseurs et les bombardiers de la Légion Condor, allait permettre d'évaluer l'avion dans un contexte opérationnel réel. Trois Ju-87 A-1 furent envoyés en Espagne. Le chef de la Légion Condor, le colonel Von Richthofen, qui s'était opposé quelques années plus tôt à la réalisation du Stuka, fut si impressionné par sa précision qu'il alla jusqu'à réclamer davantage d'appareils.

 

Ci dessous, un Ju-87 A1, le premier de la série immatriculé : D-UHUH

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Ci dessous, Ju-87 A1 de la Légion Condor :

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La version A était cependant expérimentale. La version B ou « Bertha », d'une puissance supérieure était propulsée par un moteur Jumo 211 de 1 100 ch. Les Bertha pouvaient emporter indifféremment une bombe de 1 000 kg sous le fuselage, ou une autre de 250 ou 500 kg avec, en complément, 450 kg de projectiles sous voilure. Une mitrailleuse MG 17 de 7,92 mm était logée dans l'aile gauche, en plus des autres armes. Les capotages de roues remplaçaient les pantalons de jambes de train. L'accroissement important de la puissance du moteur, associé à une finesse aérodynamique améliorée, lui ajoutaient 70 km/h de vitesse de pointe, ainsi qu'une vitesse de piqué augmentée de 40 km/h.

 

Ju-87 A2

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LES TROMPETTES DE JÉRICHO :

Si il y a bien une chose que les gens retiennent à propos du Ju-87 Stuka, ce sont ses sirènes particulières, au son strident et effrayant.

il s'agissait en fait de petites hélices disposées sur le train (une par train), qui, lors d'un piqué, produisait un bruit particulier.

 

Ces sirènes étaient surnommées "Trompettes de Jéricho".

Pour certains, ces sirènes étaient censés effrayer les civils et forces militaires au sol. Elles créaient un mouvement de panique général et instauraient un climat de peur.

Pour d'autres, elles permettaient au pilote de l'avion de deviner la vitesse atteinte en piqué, celui-ci n'ayant qu'à écouter le son pour le savoir, et pouvant ainsi rester concentré sur son attaque.

 

Les hélices, lors de dysfonctionnement, ou simplement pour être "désactivées", se voyaient recouvertes d'une cloche.

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les trompettes de Jéricho étaient installées de série sur les versions B principalement. 

Elles étaient par la suite retirées, pour permettre au Stuka d'être plus discret au combat.  De nombreuses photos attestent de la présence des sirènes sur certains Stukas en France en 1940, mais aussi pendant la campagne des Balkans de 1941, tout comme sur le front russe jusqu'en 1944.

 

ENGAGEMENTS :

Comme dit précédemment, les Stukas ont été utilisés pour la première fois durant la guerre d'Espagne, mais faisaient des apparitions soudaines et repartaient en toute discrétion vers l'Allemagne. Cette guerre permettait surtout à l'Allemagne de tester son matériel.

 

Durant la Seconde Guerre mondiale, le Ju-87 faisait partie intégrante des tactiques de Blitzkrieg. Il devait appuyer les forces au sol, ce qui a relativement bien fonctionné.

Ce bombardier avait participé à la campagne d'invasion de la Pologne, puis à la campagne de Norvège, à partir du 9 avril 1940, l'opération Weserübung. Cependant, sachez que durant cette campagne, la coopération Panzer/Stuka n'était pas envisageable, à cause des massifs montagneux du pays. La Luftwaffe utilisait les Fallschirmjäger (parachutistes) et les Stukas étaient attribués à des attaques au sol et anti-navires.

D'ailleurs, les navires anglais HMS Butor et HMS Afridi, ainsi que le grand destroyer français Bison ont été coulé par des Ju-87.

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Formation de Junkers Ju-87 survolant la Pologne.

 

Les formations de Ju-87 ont été aussi très utiles lors de la campagne de France. Les pilotes des Stukas avaient tiré les leçons des campagnes polonaises et norvégiennes. La Luftwaffe bénéficia d'excellentes communications sol-air tout au long de la campagne. Les officiers de liaison, équipés de radios, pouvaient faire appel aux Stukas et les diriger pour attaquer les positions ennemies. Dans certains cas, les appareils répondaient en 10 à 20 minutes.

Quelque 120 machines, un tiers de la force des Ju 87, ont été détruites ou endommagées, toutes causes confondues durant cette campagne.

 

Le Stuka avait servi durant la célèbre Bataille d'Angleterre.

La bataille d'Angleterre prouva que le Junkers Ju 87 était vulnérable dans les cieux, contre une opposition déterminée et organisée. Cet avion était lent et pas suffisamment protégé contre les attaques venant de l'arrière. En outre, il ne pouvait pas être efficacement protégé par des escorteurs, en raison de sa faible vitesse et de la très basse altitude à laquelle il devait larguer ses bombes. Il a été retiré des attaques contre la Grande-Bretagne en août, après des pertes prohibitives, laissant la Luftwaffe sans avions d'attaque au sol précis.

La Luftwaffe ne pouvait compter alors que sur ses bombardiers HE-111 et ses chasseurs bombardiers BF-110C

Le 18 août fut connu sous le nom de « Hardest Day » (le jour le plus difficile), car les deux camps subirent de très lourdes pertes. Selon le Commandement Général de la Luftwaffe, 59 Stukas ont été détruits et 33 autres endommagés, en six semaines d'exploitation. Plus de 20 % de l'effectif total des Stukas avait été perdus entre le 8 et 18 août. Le mythe de l'invincible Stuka était brisé.

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Bombardiers Heinkel HE-111 H6 en formation

Ci-dessous, Messerschmitt BF-110C

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Les Stukas avaient participé à d'autres campagnes, comme celle de Russie, notamment lors de la bataille de Stalingrad. Mais il faut bien comprendre que ces bombardiers devenaient de plus en plus faibles, étaient des cibles faciles... Le règne du Stuka prenait fin depuis la bataille d'Angleterre.

Cependant, même après l'arrêt de sa production en 1944, le Stuka servait encore, et ce, jusqu'à la fin du conflit. il servait notamment à des missions d'harcèlement nocturne et des missions en temps que chasseur de chars.

Le Focke Wulf 190 remplaçait petit à petit le Stuka, mais plus dans un rôle de chasseur-bombardier. Cependant, le FW-190 ne pouvait pas remplacer le Stuka dans des missions de chasse de blindés. Quand le Ju-87 détruisait 5 à 10 chars en quelques passages, le Focke Wulf pouvait, au mieux, espérer détruire 1 char, voir deux avec sa bombe ou ses roquettes.

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FW 190 dans sa version A8

 

VERSIONS :

Junkers Ju-87 A

Les versions A du Stuka étaient les versions de pré-production et versions initiales de production.

il y avait les versions A0, A1 et A2

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Ju-87 B :

La seconde version, celle de production, était la version B ou "Bertha". La B0 était une serie prototype, qui a servit notamment à des essais de conversions aéronavales. La B1 était la version de production de masse.

Elle était équipées du moteur Jumo 211 A-1 de 1000 cv, avec une modification de quasiment tout le fuselage (trains, nez, cockpit et verrière, ...).

Ajout d'une mitrailleuse MG17 en chasse dans l'aile gauche, ajout de lance-bombes ETC50 pouvant emporter 2 bombes SC50 de 50 kg sous chaque aile.

Cette version a été la version majoritairement utilisée durant la campagne de France et la bataille d'Angleterre (1939 - fin 1940). C'est aussi à partir de cette variante qu'apparaîtrait la fameuse sirène aérodynamique.

La troisième variante de la série, le Ju-87B-2, était équipé d'un nouveau moteur, le Jumo 211Da, de 1 200 ch.

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Ju-87 R :

Version à long rayon d'action dérivée du Ju-87B-1 (Ju-87R-1) et du Ju-87B-2 (Ju-87R-2), cette variante du Stuka n'emportait qu'une bombe sur la seule fourche ventrale (absence de lance-bombe sous les ailes), mais pouvait en contrepartie emporter deux réservoirs de carburant type D de 300 litres, largables en vol, sous les ailes. Les ailes contenaient également des réservoirs de 150 litres chacun dans leur structure.

La deuxième variante de la série, le Ju-87R-2, était une variante basée sur le Ju-87B-2. L'avion avait été renforcé, afin de s'assurer qu'il pourrait supporter des plongées de 600 km/h. Cette variante était équipée du moteur Jumo 211D.

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Ju-87 C :

Le Ju 87C était un dérivé du Ju-87B conçu en tant que bombardier-torpilleur, pour un emploi depuis le porte-avions Graf Zeppelin. Il était doté d'ailes repliables et d'une crosse d'appontage. Quelques exemplaires ont été convertis à des fins d'essais, puis finalement reconvertis en Ju-87B, après abandon de la construction du porte-avions.

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maquette du Graf Zeppelin :

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Ju-87 D :

 

La première variante de la série, le Ju 87D-1, avait subi d'importantes modifications : Moteur Jumo 211J-1 de 1 400 ch, bloc moteur et capot entièrement redessinés et à l'aérodynamique améliorée, armement arrière composé d'une mitrailleuse jumelée MG81Z de 7,9 mm, emport en bombes augmenté jusqu'à 1 800 kg... 

Ju-87 D1/Trop : version tropicalisée, avec filtres spéciaux pour le sable, la poussière, elle devait servire uniquement à l'Afrika Korps.

Ju-87 D2 : version déstinée au remorquage de planeurs. Disparition des lances-bombes, renforcement de la queue et installation d'un crochet de remorquage.

ju-87 D3 : version sur-blindée du D1, qui a remplacé ce dernier sur les chaînes de montage en mai 1942.

ju-87 D3/Trop: version tropicalisée du D3, destinée à l'Afrika Korps.

ju-87 D4 : version prototype pour l'aéronavale, non concluant.

Ju-87 D5 : version équipée de deux canons de 20mm à la place des MG17, où le fuselage à été modifié et amélioré. Sirènes supprimées.

 

En tout, dix versions du Ju-87 D ont été produites. Le tout pour un total de plus de 3600 exemplaires produits.

 

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Ju-87 G :

Le Ju 87G était une version antichar, dérivée du Ju 87D-3 (Ju 87G-1) et du Ju 87D-5 (Ju 87G-2). L'amélioration des chars soviétiques poussait Junkers à créer un avion antichar, afin de contrer cette menace. Il était équipé de deux canons BK3,7 de 37 mm, surnommés "Kanonenvogel" (oiseau-canon).

Ces deux armes colossales étaient fixées en gondole sous les ailes et tiraient en chasse. Les canons pouvaient cependant être démontés pour être remplacés par des lance-bombes ETC50, permettant à l'avion d'emporter jusqu'à 4 bombes de 50 kg.

 

Ju-87 G1 :

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u-57 G2 :

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un version K était déstinée à l'export. C'est ainsi que le japon avait pu développer son propre avion bombardier en piqué, le Aichi D3A Val.

Ce dernier surpassait d'ailleurs son rival américain, le Douglas SBD Dauntless.

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Ci-dessous, le SBD-3 Dauntless :

SBD Dauntless de l'U.S. Navy lâchant sa bombe. Noter les freins de piqué ajourés déployés sous les ailes.

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Chez nous, dans le sud, trompette signifie (entre autres) quelqu'un qui se chie dessus donc ça colle ! ^^ Merci pour ce nouvel article qui tombe à pic si je puis dire. :P

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Cool ! Même sans être spécialement fan d'aéronautique je trouve ton article intéressant... :yaisse:

ça ne fait pas de mal de prendre un peu de hauteur... ^^

 

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